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Archive pour la categorie 'Photographie'

Appel à participation - “Promenons-nous”

appel à participation © Agnes Cappadoro

Je viens d’écrire un court texte de présentation pour une série d’images (dont la plupart ont été montrées dans ce blog au moment de la prise de vue) qui est un peu un ovni dans mon travail… Je ne savais pas à quoi raccrocher cette courte série… Je la sais née d’un désir de photographie et d’un désir de fiction, mais je ne sais pas comment traiter cette fiction photographiée… En écrivant le texte, je me suis rendu compte que ce qui m’interessait, ce sont moins mes histoires, que celles que les autres se créent en regardant ces images…  J’invite donc tous ceux qui le souhaitent à me donner des titres, des histoires, des anecdotes, à me parler de ce qu’ils voient ou ne voient pas dans ces images, à me livrer un peu de leur imaginaire.  Ainsi, certaines images existent, mais ce sont vos mots qui donneront naissance aux suivantes…

Pour participer, rendez-vous ici et écrivez

La timidité du photographe - “Espace sociable - les bords”

J’ai lu un entretien d’un photographe, je ne sais plus son nom, un photographe professionnel, connu, reconnu qui disait que photographier des gens le rend toujours très nerveux. Encore aujourd’hui, alors qu’il n’a plus à faire ses preuves, il le dit, il souffre toujours d’une même et égale nervosité. Il sue beaucoup. Il dit, la dernière fois “toute cette sueur ! c’était ridicule”. Il dit “je me suis demandé si la célébrité changerait quelque chose. Ca n’a rien changé”. J’ai reconnu cet excès sudatoire.

Moi aussi j’ai peur. Je suis prise d’une extrème timidité quand je photographie. Bien sur il y a la concentration, mais surtout il y a la timidité. Photographier des gens que je ne connais pas, c’et terriblement difficile. IL y a des photographes qui font ça très facilement. J’étais heuresue de voir qu’il y en a pour qui c’est aussi difficile que pour moi…

Pour mon nouveau projet, Espace sociable - les bords, j’ai décidé de partir du lieu pour aller vers les gens. C’est plus facile pour moi, mais ça n’ôte pas toute la difficulté. Partir de la géographie, pour moi, c’est toujours un bon point de départ. le fait brut, le lieu. Sa réalité et ce qu’il m’évoque de moins réel. Ca me permet d’aller à la rencontre des autres. Je peux leur dire “regardez, ce lieu, nous le partageons, nous y sommes ensemble. Qu’est-ce qu’on en fait ?”

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espace sociable limite nord © agnes cappadoro 2008

espace sociable limite nord © agnes cappadoro 2008

Désir de photographie

Je ne sais pas d’où ça vient, mais à un moment, il y a un désir de photographie. Un désir de photographie comme un désir de cinéma, un désir de “faire des images” augmenté d’un désir de réel pour certains, d’un désir de fiction pour d’autres, d’un désir de technique peut-être… Il nait dans la frustration la plupart du temps. En tout cas c’est ce que je lis dans la plupart des entretiens de photographes, ce que je lis et ce que je ressens.

Il parait que c’est ce désir là qu’il faut raconter dans une note d’intention… Le désir de cinéma ou le désir de photographie. Plus qu’un projet, plus qu’un scénario, plus que tout le reste, c’est parait-il, ce désir là qui doit se communiquer. Pourtant, c’est incommunicable.

Manege © Agnes Cappadoro 2008
Donc, voilà, de la frustration, nait l’image. Mais cette image-là est un exercice sur le noir et blanc. La composition est extrêmement classique. Je crois que je suis un peu loin, mais je me suis rapprochée et je n’aime pas le cadre des photos rapprochées. Le manège perd cette position isolée, ce caractère de “personnage” que j’aime là précisément. Ce caractère de “personnage qui attend”. Qui attend quelque chose… Le jour… où les enfants… Mais ce caractère de personnage inquiétant aussi, néfaste peut-être…

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© agnes cappadoro 2008

sans arrière-plan et presque sans lumière…

“Il y a quelques années, j’ai essayé de faire une photo, une seule photo, quelque chose comme un portrait, un autoportrait peut-être, mais sans moi et sans personne, seulement une présence, entière et nue, douloureuse et simple, sans arrière-plan et presque sans lumière”.
Jean-Philippe Toussait - L’appareil-photo- ed. de Minuit. 1989.

C’est la quatrième de couverture du livre… C’est pour cette phrase que j’ai acheté le livre. Et je suis bien incapable de dire pourquoi, ce seul paragraphe suffit à mon bonheur. Il aurait pu s’arrêter là. Faire une couverture, et rien dedans, ça m’aurait plu, ce paragraphe et la photo de couverture, son nom et le titre, le petit logo étoilé des éditions de minuit, la quatrième de couverture, et même le code barre, ça, cet ensemble là, tout seul me suffisait. Ca me fait le livre. Je peux remplir les blancs. vraiment, j’ignore pourquoi… Et peut-être Jean-Philippe ne serait-il pas content. Quoi ? Comment ? j’écris un livre en entier - court certes - mais entier et la quat’ de couv’ ça suffit ?! Ben oui, je réponds rougissante. Ma tête est pleine de cette envie d’une phographie sans arrière-plan et presque sans lumière.