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Archive pour la categorie 'Graphisme'

travailler l’image en pensée

Puisque je suis sans outil, je n’ai plus que ma tête pour faire des images… Du coup, je lis. Ca me fait penser à Hélène Grimaud, cette pianiste virtuose qui a longtemps travaillé son piano “en pensée”, privée qu’elle était de son instrument et toute occupée de danser avec les loups.

Donc me voilà, pensant les images. Et lisant. Et en feuilletant un ouvrage sur le studio Ich&Kar, je lis dans la préface :

” Pour ce duo combatif, cela implique de livrer bataille contre la cécité esthétique, de s’élever contre le confusion entretenue entre “ambiance visuelle” et “culture de l’image”, pour reprendre les catégories établies par Serge Daney. En effet, le bain visuel dans lequel nous plonge la société des médias est loin d’être une culture. Il en est même la face opposée. Se situant du coté de l’hypnose et de l’aveuglement, de cette pollution visuelle qui précisément brouille l’image.”

Brrrrr ! C’est diablement juste ! Brrrr, ça me fait froid dans le dos ! Combien de fois, par faiblesse, pour ne pas perdre un client, ai-je rabattu mes prétentions graphiques pour servir une soupe tiède ? Et aussi combien de fois, pressée par le temps, ne me suis-je pas donné les moyens de livrer un travail exceptionnel ? Et encore, combien de fois ai-je cédé sur une couleur, une forme, une typo, parce que je manquais d’arguments et plus encore de confiance pour défendre mes choix inventifs ?

Puisque je suis ici à un véritable tournant de ma “carrière” et que c’est maintenant que se décide l’avenir, j’ai conscience qu’il y a un vrai combat joyeux à mener. Je reprend encore cette préface qui parle de ce duo comme d’une “humanité (…) volontaire, bosseuse, enthousiaste, passionnée”, dont le “gai savoir” se donne à voir au travers de sa production. Ouh la la, ça fait envie. Miam !

Alors donc, voilà ce qui me fait tant envie ? Cette production joyeuse, inventive et sure de soi pour l’être. C’est à cela qu’il faut travailler plus qu’à la satisfaction d’un hypothétique et capricieux client. Il faut se payer le luxe d’éprouver grand plaisir à ce que l’on fait et c’est vrai que parfois cela arrive et qu’on finit par être vraiment heureux de son projet. c’ets donc ce plaisir exigeant qu’il faut viser…

MàJ !

Plein de mises à jour dans le parcours graphique du site ! Cemaforre, Cap-Saaa, le Défistival, Zoya et bientôt Zelink m’auront fait confiance cette année pour la réalisation de leurs identités visuelles print et web. Bilan de fin d’année, une cohérence, une famille graphique…

- Diplôme, - Plôme !

Voilà j’ai un complexe. Un gros.

J’ai pas de diplôme de graphiste.

Je n’ai pas fait les Arts-Décos, je ne suis pas passée par les Beaux-Arts. Je n’ai, à mon actif, qu’un passage dans un atelier de dessin académique, Deux ans d’arts-plastiques en fac (autant dire rien), et cinq années d’études supérieures en Lettres, qui m’ont donné l’amour des mots, de la littérature. Je ne suis rien pour les gens dont je lis les écrits dans les revues autorisées. Pire, je suis la lie de l’humanité, j’ai volé le pain d’un autre ! J’ai volé le pain d’un graphiste patenté !

Que j’aie - par ailleurs - cinq ans d’experience, beaucoup lu, énormément appris, que je me sois constamment remise en question, que je continue encore, mieux, peut-être, que d’autres qui seraient sortis d’une belle et grande école, n’interesse que peu les auteurs desdits articles.

Que je me sois coltiné à moi toute seule, l’apprentissage de l’histoire du graphisme, que je passe des heures et des heures à étudier les mises en page, les logos, les couleurs, les illustrations, le rapport des mots et des images, que je me sois attelée à la tâche titanesque d’apprendre X-Press, Photoshop, Illustrator, puis In-Design, Dreamweaver et Flash, le nez dans les bouquins, la tête dans l’écran, les doigts fichés dans le clavier, que j’ai encore, par souci du détail, travaillé tous les matins pendant un an, avant d’aller bosser, le dessin analytique et passé tout le temps qui restait dans les bouquins de mes petits camarades, tout cela, donc, ne compterait pour rien, puis quà la fin, je ne dis pas “plôme” !

Permettez moi de vous dire que je vois rouge !