le travail du paysage

15 février 2010
By Agnès Cappadoro

« Le fait que dans certains films, il faille autant de travail (images captées par la caméra, retravaillées sur ordinateur et numérisées, modélisation partielle et habillage, inclusion de scènes, brocilage de différentes techniques de reproduction) pour arriver à une scène paysagée que, pense-t-on, on pourrait voir naturellement sans tout cet attirail… est révélateur du travail que nous faisons sans le savoir quand nous « voyons » un paysage. » Anne CAUQUELIN, L’invention du paysage, PUF, 2000, p.8.

Construire un paysage, c’est du travail de reconstruction, d’extraction de matière, de déplacement de matière, d’export et d’import de matière, de transplantation de concepts. C’est un décollage et un recollage permanent. Transcrire un paysage, c’est restituer le regard dans le cadre. C’est décider de circonscrire et de mettre l’accent sur un carré, un rectangle, une forme déterminée.

C’est, pour moi, délimiter une zone de non-agression. On ne peut y entrer et en sortir qu’en état de bienveillance…

Tags: , , ,

3 commentaires pour “ le travail du paysage ”

  1. Géant vert on 15 février 2010 at 17 h 55 min

    Lisant ceci, où tu parles de la bienveilance avec laquelle il faut entrer dans un paysage, je comprends maintenant pourquoi tu as apprécié que je décrive des personnages dans un jardin, « avançant dans le respect des choses, devenues respectables car la Lune les rendait irréelles et fragiles, comme des buissons de carton découpé sur une scène de théâtre plongée dans la pénombre »…

  2. Agnès Cappadoro on 16 février 2010 at 8 h 25 min

    Oui c’est un très beau passage.

  3. Géant vert on 16 février 2010 at 21 h 43 min

    Mince ! J’arrête pas de me planter dans la rédaction de ce commentaire ! Excuses pour les deux faux départs d’avant ! Oui , je voulais dire : je ne disais pas ça pour ça (que tu me dises que ce que j’ai écrit est un beau passage – même si ça me fait infiniment plaisir), mais pour te dire que je comprenais et appréciais que tu mettes en lumière ceci : faire une photo de paysage – même pas aussi travaillée et artificiée que dit Anne Cauquelin – ce n’est pas juste se planter là, devant un espace offert et appuyer sur le bouton, mais que c’est avoir pour cet espace cette bienveillance dont tu parles, ce respect dont je parle. Ça implique une approche, une mise à disposition, une adhésion…
    Au fait : pourquoi n’en mets-tu pas ici, de tes paysages ?