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Archive for mai, 2008

La timidité du photographe - “Espace sociable - les bords”

J’ai lu un entretien d’un photographe, je ne sais plus son nom, un photographe professionnel, connu, reconnu qui disait que photographier des gens le rend toujours très nerveux. Encore aujourd’hui, alors qu’il n’a plus à faire ses preuves, il le dit, il souffre toujours d’une même et égale nervosité. Il sue beaucoup. Il dit, la dernière fois “toute cette sueur ! c’était ridicule”. Il dit “je me suis demandé si la célébrité changerait quelque chose. Ca n’a rien changé”. J’ai reconnu cet excès sudatoire.

Moi aussi j’ai peur. Je suis prise d’une extrème timidité quand je photographie. Bien sur il y a la concentration, mais surtout il y a la timidité. Photographier des gens que je ne connais pas, c’et terriblement difficile. IL y a des photographes qui font ça très facilement. J’étais heuresue de voir qu’il y en a pour qui c’est aussi difficile que pour moi…

Pour mon nouveau projet, Espace sociable - les bords, j’ai décidé de partir du lieu pour aller vers les gens. C’est plus facile pour moi, mais ça n’ôte pas toute la difficulté. Partir de la géographie, pour moi, c’est toujours un bon point de départ. le fait brut, le lieu. Sa réalité et ce qu’il m’évoque de moins réel. Ca me permet d’aller à la rencontre des autres. Je peux leur dire “regardez, ce lieu, nous le partageons, nous y sommes ensemble. Qu’est-ce qu’on en fait ?”

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espace sociable limite nord © agnes cappadoro 2008

espace sociable limite nord © agnes cappadoro 2008

Désir de photographie

Je ne sais pas d’où ça vient, mais à un moment, il y a un désir de photographie. Un désir de photographie comme un désir de cinéma, un désir de “faire des images” augmenté d’un désir de réel pour certains, d’un désir de fiction pour d’autres, d’un désir de technique peut-être… Il nait dans la frustration la plupart du temps. En tout cas c’est ce que je lis dans la plupart des entretiens de photographes, ce que je lis et ce que je ressens.

Il parait que c’est ce désir là qu’il faut raconter dans une note d’intention… Le désir de cinéma ou le désir de photographie. Plus qu’un projet, plus qu’un scénario, plus que tout le reste, c’est parait-il, ce désir là qui doit se communiquer. Pourtant, c’est incommunicable.

Manege © Agnes Cappadoro 2008
Donc, voilà, de la frustration, nait l’image. Mais cette image-là est un exercice sur le noir et blanc. La composition est extrêmement classique. Je crois que je suis un peu loin, mais je me suis rapprochée et je n’aime pas le cadre des photos rapprochées. Le manège perd cette position isolée, ce caractère de “personnage” que j’aime là précisément. Ce caractère de “personnage qui attend”. Qui attend quelque chose… Le jour… où les enfants… Mais ce caractère de personnage inquiétant aussi, néfaste peut-être…

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© agnes cappadoro 2008

Avancée sur la face nord…

ensilence - face carte

ensilence vient de faire un petit bond… À la fois méthodologique et visuel.

Après des mois de latence, dûs au travail graphique et alimentaire, j’ai pu momentanément me remettre au travail sur ce projet. À chaque fois, je constate à quel point cette affaire est énorme : 400 cubes, 6 faces chacun, 400 mots et/ou bouts de phrase, des multitudes de textes, des milliers d’images… Et je n’en ai pas fait le quart de la moitié du huitième !!! Pourtant, c’est indéniable, ça avance… quand même.

Entre hier et aujourd’hui, grosse progression sur la face texte et sur la face carte. Pas finis, inutile de mentionner ce détail, bien sur, mais bien avancé tout de même. Et surtout, je constate qu’après quelques mois, ça “tient” toujours.

Le projet reste complexe, mais sa complexité même devient à la fois plus claire et plus atteignable - presque un atout. Serait-ce possible ?