Il n’y a pas si longtemps, alors que je parlais de mon travail, je déclarais m’amuser. Bizarrement, par un brusque renversement des choses, je ne m’amuse plus. Une sourde angoisse a remplacé l’excitation. Ce n’est pas de la souffrance, rien de grand dans cette inquiètude (si tant est qu’une souffrance quelqu’elle soit ait quelque grandeur), rien de mesquin non plus, ni de complaisant ; non, juste une angoisse. Nette. Franche. Sans ambiguité.
J’ai l’impression qu’en art, comme en politique, comme en économie, comme en tout, ne subsistent que les machines de guerre. Puissantes les équipes marketing, puissants les groupes de pression, puissants les projets collectifs ; tous conçus comme des programmes, comme des campagnes. Des machines de guerre oui. Lancées à plein régime. Séduire coute que coute. Convaincre même ne vient qu’après. Séduire d’abord. C’est tous les jours l’enlèvement des Sabines. Tous les jours arraché au collectif un assentiment incertain. Pour le plus grand bien.
De qui ?

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