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Archive for septembre, 2007

travailler l’image en pensée

Puisque je suis sans outil, je n’ai plus que ma tête pour faire des images… Du coup, je lis. Ca me fait penser à Hélène Grimaud, cette pianiste virtuose qui a longtemps travaillé son piano “en pensée”, privée qu’elle était de son instrument et toute occupée de danser avec les loups.

Donc me voilà, pensant les images. Et lisant. Et en feuilletant un ouvrage sur le studio Ich&Kar, je lis dans la préface :

” Pour ce duo combatif, cela implique de livrer bataille contre la cécité esthétique, de s’élever contre le confusion entretenue entre “ambiance visuelle” et “culture de l’image”, pour reprendre les catégories établies par Serge Daney. En effet, le bain visuel dans lequel nous plonge la société des médias est loin d’être une culture. Il en est même la face opposée. Se situant du coté de l’hypnose et de l’aveuglement, de cette pollution visuelle qui précisément brouille l’image.”

Brrrrr ! C’est diablement juste ! Brrrr, ça me fait froid dans le dos ! Combien de fois, par faiblesse, pour ne pas perdre un client, ai-je rabattu mes prétentions graphiques pour servir une soupe tiède ? Et aussi combien de fois, pressée par le temps, ne me suis-je pas donné les moyens de livrer un travail exceptionnel ? Et encore, combien de fois ai-je cédé sur une couleur, une forme, une typo, parce que je manquais d’arguments et plus encore de confiance pour défendre mes choix inventifs ?

Puisque je suis ici à un véritable tournant de ma “carrière” et que c’est maintenant que se décide l’avenir, j’ai conscience qu’il y a un vrai combat joyeux à mener. Je reprend encore cette préface qui parle de ce duo comme d’une “humanité (…) volontaire, bosseuse, enthousiaste, passionnée”, dont le “gai savoir” se donne à voir au travers de sa production. Ouh la la, ça fait envie. Miam !

Alors donc, voilà ce qui me fait tant envie ? Cette production joyeuse, inventive et sure de soi pour l’être. C’est à cela qu’il faut travailler plus qu’à la satisfaction d’un hypothétique et capricieux client. Il faut se payer le luxe d’éprouver grand plaisir à ce que l’on fait et c’est vrai que parfois cela arrive et qu’on finit par être vraiment heureux de son projet. c’ets donc ce plaisir exigeant qu’il faut viser…

Sevrage

Finalement, ces quelques jours sans ordinateur fixe auront peut-être du bon… Moins de virtualité, plus de réalité, moins de possibilités, plus de créativité. Je fais les choses vraies que j’oublie de faire le plus souvent. Et puis je réfléchis à “l’après”… Quand il sera revenu le Garfield, rebaptisé Gudule et accompagné d’une bête de course pompeusement appelé Gontran (parce que ça ne peut plus se reproduire ça, d’être sans outil de travail - un dessinateur n’a pas qu’un seul stylo !). Comment vais-je mettre à profit ces beaux ordinateurs flambants presque neufs ? J’envisage de nouvelles rubriques dans mon site, peut-être une refonte, peut-être la suppression du blog chronotes, de la prospection sur de nouveaux secteurs, le développement de deux produits design et la poursuite de mes démarches plasticiennes avec “ensilence” et un autre projet de film interactif et aussi la promotion des oeuvres existantes ; Oniropolis, Noli Me Tangere, Le Dit du Senti…

Un seul ordi vous manque… et tout est dépeuplé…

Après deux jours sans ordinateur, passé le premier moment de panique, il y a comme un constat alarmant ; j’ai du mal à vivre sans ma prothèse informatique ; j’ai l’impression d’être toute nue. Mais ça passe… Et tout de même, vu qu’il y a des ordinateurs partout, ça devient facile d’avoir accès à ses mails, de garder ce fil à cette patte.

N’empêche, j’ai perdu ma maison informatique, et surtout, j’ai perdu mon outil de travail. Ca c’est bête…
Alors challenge : être suffisamment rusée pour que mes clients ne s’apercoivent même pas de ma déveine. Squatter sur le mac des copines, tourner autour du pot, noyer le poisson et livrer à l’heure les documents demandés !

Mort de Garfield, vive Garfield !

Garfield, c’est le nom de mon disque dur. Le petit machin qui contient tous les autres dans mon ordinateur… Eh, ben, Garfield est mort, hier à 13H35. D’une mort violente. Sans prémisses, sans préambule, sans prévenir. Mon troisième disque dur en 8 mois, oui oui. J’en consomme du disque dur, j’en bouffe à tous les repas, des petis, des gros, des internes, des externes… Là, il y a… comment dire… Comme un gout d’agacement…

Tant va la vache à lait qu’à la fin elle se casse !

Vache à lait

Une fois n’est pas coutume l’image n’est pas de moi (trouvée sur ibamo), je prie son auteur de bien vouloir excuser ce vol manifeste ! Et s’il le souhaite, je retirerai l’image sitôt la demande faite.

C’est qu’il y en a marre. Gros sur le coeur, gros sur la patate, plein les pattes , ras les bottes… Marre d’être la vache à lait sur laquelle tous les rapaces viennent manger la laine sur le dos. Marre de rendre des services, de faire du bénévolat pour des ingrats à l’esprit riquiqui. Marre de ne pas donner à mon travail la valeur qu’il mérite, à savoir une valeur sonnante et trébuchante ! Marre de vouloir faire plaisir à tout le monde dans un bel esprit de sacrifice qui est bien de ma sphère judéo-chrétienne. Marre de passer du temps, et même de dépenser de l’argent pour même pas un merci…

Marre de me taire, de ne pas le dire… Que j’en ai marre !

Comme on ne peut pas tout faire en même temps, prendre conscience et faire prendre conscience, je me contente d’un billet. je ne prend pas beaucoup de risques vu que la plupart des rapaces en question se fichent éperdument de savoir ce que je fais et comment je le fais. S’ils viennent faire un tour par là, ils ne se reconnaitront probablement pas ! Mais, ah si vous saviez !…