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Archive for juillet, 2007

ensilence, un gros projet

J’ai recommencé à travailler au projet ensilence. C’est un gros projet.

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400 cubes, 6 faces générales, 400×6 faces particulières… Au départ, je voulais faire un blog spécial pour ensilence. Et puis finalement, je préfère écrire ici. Les 6 faces vont me permettre de travailler 6 thèmes majeurs et les 400 cubes, 6×400 thèmes mineurs… Ouh, la écrit comme ça, ça parait infaisable (et surtout incompréhensible). Pourtant, je crois que c’est réalisable et relativement clair dans ma tête, pour faire mentir l’adage “ce qui se pense nettement, s’énonce clairement”.

Seulement, il faut y aller progressivement. Pour ce projet mélant photographies, textes, cartes, plans, travail sur le corps, travail sur l’identité, je m’intéresse à la photo povera, aux toyscameras, à tout ce qui fait l’image “pauvre”, à tout ce qui fera le corps abîmé (puisque la plupart des photos sont des photos de corps). J’hésite encore sur la façon de procéder… Je voudrais travailler avec un sténopé numérique. Mais (et c’est vrai pour la totalité du projet) comme c’est moi qui fais tout, c’est un peu complexe. Je n’ai jamais fabriqué de sténopé… Il y a une multitude de tests à faire avant de se lancer car j’ai une idée assez précise du contexte, mais finalement les idées plus embrouillées quant à l’aspect final et par moment, je ne sais plus du tout où je vais avec ce projet.

Cela fait 5 ans que j’y réfléchis maintenant ! Et j’ai avancé par petits bonds successifs… D’abord collectif, puis solitaire ; d’abord 1 image puis 400×6 soit 2400 images à produire ; d’abord sans écrit, puis gonflé comme une baudruche de paratextes en tous genres. Une usine à gaz et une arlésienne toute à la fois et une étrange nécessité aussi…

Le musée des femmes de réconfort

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Lu sur le site de Libération en date du 25 juin 2007 :

” Un musée historique de l’esclavage sexuel à Gwangji (Corée du sud) est dédié aux «femmes de réconfort». Ces femmes, parmi lesquelles de très nombreuses Coréennes, ont été contraintes de se prostituer pour l’armée japonaise durant la Seconde guerre mondiale. La Chambre des Représentants américaine va adopter dans la semaine une résolution appelant le Japon à présenter des excuses pour cet épisode sombre du second conflit mondial.”

Au début, j’avais compris le “musée des femmes” de (la ville) de réconfort. Je trouvais ça drôle. Ensuite, j’ai compris de quoi il s’agissait. J’étais presque déçue qu’il ne s’agisse pas d’une ville. Hier, j’étais à Réconfort, un très joli bourg. Et tout de suite après, quel paradoxe, quelle ironie. Oui, c’est une belle idée d’être femme de réconfort. Douce, aimante, dulce siempre, lisse et luisante, rebondie et joufflue, réconfortante, une femme abri. Mais sitôt qu’on voit de quel réconfort il s’agit, il y a comme une distorsion, un écart, une césure indépassable. Écart aussi entre les photographies très “respectables” de ces vieilles personnes, au sourire pointu, à la mine réjouie ou au regard profond et la vie qu’elles ont du mener. Quelle réconfort pour les femmes de réconfort ? On trouve des jolis mots et de jolies photos pour couvrir-cacher-enfouir ce qui fait vraiment mal. Comme nous sommes fascinés et faciles à manipuler. Comme nous sommes prompts parfois à nous soigner les maux avec des mots.

Reprise des négociations

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J’ai repris le fil de mon journal photographique. Sur un carnet Lama-li. Je n’en livrerais pas toutes les photos, ni même toutes les notes. D’ailleurs, je ne reprends pas, en l’état, les pages du carnet.

Hier, j’ai marché de longues heures dans les rues de ma ville nouvelle. Je découvre tout et pourtant tout a un étrange gout de déjà-vu. Pas un gout amer ou désagréable, pas un gout délicieusement nostalgique non plus, non, juste le gout du déjà-vu, déjà-vécu. Toutes les banlieues sont sœurs. Même celle-ci, plus chic que celle de mon enfance, plus “campagne” a des relents de mes anciennes cités.

Elle fait plus “années 50/60″. Par l’architecture d’abord. Le Corbusier a fait ici école et a semé des émules. La Villa Savoye n’est pas loin. Il existe un quartier tout entier de cabanes rectangulaires que je veux prendre en photo. Elles me fascinent ces petites maisonnettes entre cabane en bois et maison design…