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Archive for juin, 2007

J-7

Dans les starting-blocks… Empilement de cartons. Une multitude de souvenirs poussiéreux à la poubelle. Encore trop d’autres entassés dans des boites.

Il y a, dans la rue où je vais habiter, une famille, qui vient de reconstruire sa maison. La précédente avait pris feu. Tout, littéralement tout, a brulé. Et ce qui n’a pas brulé a été détruit par l’eau des lances à incendie. Ils étaient dans la maison au rez de chaussée, le feu a pris à l’étage. Quand ils ont senti la fumée au milieu du repas, il était déjà trop tard. Il ne leur est rien resté que la vie. La suite est, disent-ils une renaissance. Ils n’avaient plus rien, mais ils n’avaient rien.

Cet incendie, cette reconstruction m’ont énormément impressionnée. J’y pense souvent. Hormis le fait que je vais mettre des extincteurs à tous les étages et dans toutes les pièces, cet évènement que je n’ai pas vécu m’a marqué profondément. D’autres personnes plus célèbres ont tout perdu dans des incendies ; Marc Lavoine, Valérie Lemercier… Il me semble qu’après une chose pareille, on doit relativiser profondément sa relation aux objets et aux souvenirs. Je me demande comment on vit ainsi allégé de soi, si violemment délesté de ses souvenirs, de tout ce qui fait racine. J’imagine qu’on vit autrement mais certainement pas plus mal. Peut-être mieux même. On entasse tant. On entasse tout. Même quand on n’a pas de propension particulière à l’accumulation, on entasse malgré tout. Et pourtant si l’on nous prive violemment de ce à quoi l’on s’accroche désespérément, on se rend compte qu’on peut se passer de cela, sans problème. Il y a décidément du phœnix en l’homme. Sa capacité d’adaptation est sans limite, sa faculté de reconstruire est au delà du pensable. Qu’on lui donne le plus petit espace où vivre, la plus inhospitalière des zones, il parviendra non seulement à y faire son nid, mais à l’y rendre confortable selon ses moyens.

Calme avant la tempête ?

J’ai tenté ces dernières semaines d’écrire quelques articles dans ce blog et presque à chaque fois, pour une raison ou pour une autre, l’article s’est trouvé effacé… Par mes soins, ou par ceux de l’ordinateur lui-même. Il me semble que c’est parce qu’une tempête couve. Quelque chose va se passer qui va tout changer.  Pourtant je travaille. Au milieu des cartons, encombrée de déchets, en attente d’un peu de clair. J’entasse dans des boites toute cette vie qui va déménager… J’ai retrouvé tant de souvenirs que mes nuits s’en sont trouvé pleuplées de rêves farfelus. Le passé revenu. Puis reparti. Je suis maintenant plus fatiguée et je dors de sommeil du guerrier. Dans l’attente d’un hypothétique combat. J’attends de pied ferme.  Dans quelques jours, ce vers quoi tout mon être était tendu va se produire et je n’ai pas pensé à ce qui allait advenir après. Ca va changer. Mais je n’ai pas prévu dans quel sens… Je n’ai pas vraiment fait de projets, j’ai juste envisagé que quelque chose (quoi?) serait autre (mais comment ?). C’est parce que je ne prévois que sans prévoir que la surprise finit toujours par arriver.