Pour moi, écrire ça vient comme ça vient… Les mots sont en suspens. Je ne cherche pas à faire sens jusqu’à ce que ce que le sens émerge. La plupart du temps, ça se fait malgré moi. Une phrase apparaît et toutes les autres la suivent. Dans ce contexte, impossible de me relire, de construire. C’est pourquoi je ne suis pas écrivain. Je suis, en écriture comme en beaucoup de choses, une velléitaire.
Mon format, c’est le format court, la nouvelle, le conte… Quelque chose de plus ou moins approchant. Je ne cherche jamais à me documenter. Je n’écris pas en sociologue, ni en psychologue. J’écris en aventurière de l’imaginaire. C’est à dire en paresseuse.
Les mots s’accrochent ou glissent. S’ils glissent, ils passent et je les oublie. S’ils s’accrochent, ils se fixent et ça finit par faire quelque chose, par construire comme un petit pan de mur. Mais je n’ai jamais fini aucune de ces maisons. Il y a au milieu de papiers emmêlés, éparpillés, une multitude de petits palais pliés dans ma poche… c’est ma fortune sans valeur.
Les pépites…
Je puis commencer une histoire comme ça… Dans le métro, sur mon vélo, au détour de l’insomnie, une phrase. C’est un peu comme une chasse aussi. Enfin, ce que je m’imagine d’une chasse… un bruit dans un fourré, et je suis à l’affut, j’ai ferré l’animal… Je me dresse, je note vite, vite cette phrase volatile… Quelques heures, quelques jours plus tard, après qu’elle m’ait bien trotté dans la tête, presque par inadvertance, je lui donne une suite…
C’est une promenade… Oxygénante, revigorante…

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