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Archive for avril, 2007

désir d’image

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Ca fait des mois que je n’ai plus vraiment travaillé pour moi. J’avais l’impression que l’envie ne me viendrait plus, que le travail de commande avait tué tout autre désir de création, mais revient … brutal, le désir de travailler pour moi. Le désir de la photo surtout.

Bientôt je vais pouvoir m’en donner à cœur joie, en joignant l’utile à l’agréable car une de mes clientes a besoin de clichés pour sa promo. Nos deux sensibilités se rejoignent et elle aime assez mon travail pour avoir envie de mélanger les torchons et les serviettes, ou peut-être est-ce moi que cela, pour une fois, ne trouble plus. Et aussi, elle a eu envie de regarder plus loin que mon portfolio de graphiste, elle a eu envie de voir venir dans son approche un peu de ma sensibilité propre, de mes préoccupations de plasticienne.

D’habitude, en graphisme, je rechigne à travailler la photo. La question de la qualité y est trop importante, qualité de la prise de vue, de l’éclairage, du cadrage, de la lumière, du piqué… La photo utilisée en communication, c’est fragile. Une photo ratée, et toute le document est chancelant, fagoté, cheap.

En revanche, la photo dans un travail artistique, c’est devenu un objet d’une redoutable liberté. C’est difficile aussi de s’en servir, mais on y est plus au large, elle se vêt d’habit plus grand, plus souple. Certaines photos ratées, délibérément ratée ont un charme fou. Le défaut y fait sens, presque par inadvertance. Je sais que certains trouvent ça facile… Moi je trouve ça subtil. Chacun ses gouts. Et parait-il, ils ne se discutent pas.
Ah ? Moi, j’aime bien en discuter… Mais je m’égare.

Bref, tentation terrible, désir violent…


créer, ça rime avec douter mais…

ça ne marche pas ensemble !

Non, définitivement non. Pour créer, pour être à l’aise dans la création il ne faut pas douter de sa capacité à créer. Quelques petits doutes de ci de là d’accord, mais surtout, surtout pas davantage… Douter pour se remettre en cause, recharger les batteries, aller voir ailleurs momentanément, c’est jouable, mais douter vraiment, profondément, creuser les profondeurs du doute ca, c’est du suicide créatif !

Voilà où j’en suis de mes réflexions. Car c’est au détour de nouveaux projets graphiques qu’apparait cette révélation ; créer c’est affirmer sa croyance absolue et inexorable que ce que l’on est en train de pondre est la huitième merveille du monde ! Et il FAUT le croire ! N’en pas douter ! JAMAIS ! Sinon, on s’arrête. On sait, on sent, on découvre que d’autres ont eu sinon la même idée, une idée approchante, mieux réalisée, mieux élaborée, mieux, mieux, mieux. Or, c’est FAUX ! Ou c’est peut-être vrai, mais on s’en fout ! On doit s’en foutre ! On doit s’auto-persuader que notre individualité en vaut une autre, notre humeur, notre caractère, notre manière d’agencer les choses en vaut une autre ! On peut trouver stupide que cette révélation me fasse sauter au plafond ; n’empêche, cette évidence qui vient de me cingler les joues me rend plus légère !

Face aux projets qui s’annoncent, je peux avec plus d’assurance aller de l’avant, avec énergie, persuadée tout soudain (euh… vraiment ?) que mon travail est raisonnablement acceptable (déjà, il y a du mou dans la voile, non ?), que les autres ne feraient pas nécessairement mieux (vous êtes surs ?), que je vaux mieux que le sérieux que j’y mets (ouh la, ça y est, c’est foutu !)

Bon, allez, je me remets au boulot… mes doutes aussi !

Chronotes V 3.0

Les chronotes sont tombées en panne, en rade, mortes, lam-dichtacks comme dirait mon grand-père. Et c’est à leur décès que j’ai découvert qu’elles me manquaient. Qu’on ne me prive pas de ce dont je ne veux me priver moi-même ! Gamine capricieuse, je découvre que mon jouet est cassé et je n’ai de cesse que de m’en faire un plus beau, plus performant…

Le quotidien des chronotes m’a, un temps échappé. J’ai oublié momentanément pourquoi je les avais créées. je voulais rendre visible un processus… Je voulais faire oeuvre de la mise en oeuvre et en racontant, en décrivant le travail en train de se faire, rendre possible un recul, une distanciation.

Bien souvent, les chronotes ont servi à toute autre chose… Décrire des voyages, parler de la vie de tous les jours. Mais le travail de commande a eu raison de mes résolutions ; travail de l’urgence et de la pression, il ne laisse guère la marge nécessaire à l’introspection et j’ai laissé les chronotes à l’abandon, chantier en friche, dont on espère toujours reprendre le cours, en reportant, encore et toujours la reprise…

Mais les chronotes sont mortes. Elles sont rescuscitées. J’ai réussi à importer la majeure partie des articles en perdant au passage pas mal d’images qui existent là, quelque part, entre le disque dur et la clefs USB. J’essayerai peut-être de les remettre en place, mais il m’importe davantage de reprendre le cours de l’écriture.