Ca fait des mois que je n’ai plus vraiment travaillé pour moi. J’avais l’impression que l’envie ne me viendrait plus, que le travail de commande avait tué tout autre désir de création, mais revient … brutal, le désir de travailler pour moi. Le désir de la photo surtout.
Bientôt je vais pouvoir m’en donner à cœur joie, en joignant l’utile à l’agréable car une de mes clientes a besoin de clichés pour sa promo. Nos deux sensibilités se rejoignent et elle aime assez mon travail pour avoir envie de mélanger les torchons et les serviettes, ou peut-être est-ce moi que cela, pour une fois, ne trouble plus. Et aussi, elle a eu envie de regarder plus loin que mon portfolio de graphiste, elle a eu envie de voir venir dans son approche un peu de ma sensibilité propre, de mes préoccupations de plasticienne.
D’habitude, en graphisme, je rechigne à travailler la photo. La question de la qualité y est trop importante, qualité de la prise de vue, de l’éclairage, du cadrage, de la lumière, du piqué… La photo utilisée en communication, c’est fragile. Une photo ratée, et toute le document est chancelant, fagoté, cheap.
En revanche, la photo dans un travail artistique, c’est devenu un objet d’une redoutable liberté. C’est difficile aussi de s’en servir, mais on y est plus au large, elle se vêt d’habit plus grand, plus souple. Certaines photos ratées, délibérément ratée ont un charme fou. Le défaut y fait sens, presque par inadvertance. Je sais que certains trouvent ça facile… Moi je trouve ça subtil. Chacun ses gouts. Et parait-il, ils ne se discutent pas.
Ah ? Moi, j’aime bien en discuter… Mais je m’égare.
Bref, tentation terrible, désir violent…


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