Ces derniers temps, j’ai eu de nombreuses conversations sur la situation des artistes en France, j’ai lu pas mal d’articles et de billets sur le sujet, sur la fermeture de certaines structures comme Ars Numerica, sur la difficulté de montrer, ou de vendre, ou de se positionner sans entrer dans un schéma de copinage. Ne pas entrer dans ce schéma est probablement impossible. Nous vivons dans une société de réseau et pas seulement de réseau technologique. Nous vivons dans la constante dépendance de quelqu’un d’autre. Il y a toujours un quelqu’un, une quelqu’une, une structure, une personne à connaitre, à flatter peut-être…
Ce n’est pas que je veuille vivre seule et isolée… J’aime les gens et j’aime les autres (enfin la plupart) mais je n’aime pas l’idée d’être soumise au diktat de gens dont je ne sais rien et pour lesquels je n’ai peut-être pas d’amitié. Or, il n’y a strictement aucun moyen de passer outre. Il faut entrer dans ce système si l’on veut montrer et peut-être vivre de son travail. L’art est d’abord un commerce et pas des plus aisés. Ce n’est même pas une question de qualité et ça c’est la cerise sur le gateau… Il faut vendre sa baguette mais en art, son gout a peu d’importance. Les commanditaires sont rarement capables de statuer sur la qualité d’une œuvre. La plupart des élus en charge des questions culturelles sont dans la totale incapacité de juger d’une œuvre. Ses vertus décoratives seules sont convoquées. Il s’agit de combler le plus grand nombre en un coup. Il pourrait être utile, même et surtout pour de petites communes de multiplier les canaux de diffusion, de valoriser la diversité artistique au même titre que la diversité culturelle, mais en la matière le critère c’est la satisfaction du plus grand nombre. Pire, ce plus grand nombre n’est jamais consulté, ainsi les élus nivellent-ils toujours par le bas. Il ne faut pas choquer, guère innover et surtout marcher sur les œufs du politiquement correct.
Conclusion, montrer son travail nécessite de produire ses propres outils, son propre canal de diffusion, dans le même temps, sur ses seules forces. Conquérir l’autonomie de la production était un premier pas à franchir, l’artiste doit maintenant franchir un second pas, celui de l’autonomie de diffusion…

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