Agnès Cappadoro Parcours plasticien Parcours graphique Blog Chronotes Newsletter Liens Contact Accueil

Archive for mars, 2007

Autonomie de diffusion

Ces derniers temps, j’ai eu de nombreuses conversations sur la situation des artistes en France, j’ai lu pas mal d’articles et de billets sur le sujet, sur la fermeture de certaines structures comme Ars Numerica, sur la difficulté de montrer, ou de vendre, ou de se positionner sans entrer dans un schéma de copinage. Ne pas entrer dans ce schéma est probablement impossible. Nous vivons dans une société de réseau et pas seulement de réseau technologique. Nous vivons dans la constante dépendance de quelqu’un d’autre. Il y a toujours un quelqu’un, une quelqu’une, une structure, une personne à connaitre, à flatter peut-être…

Ce n’est pas que je veuille vivre seule et isolée… J’aime les gens et j’aime les autres (enfin la plupart) mais je n’aime pas l’idée d’être soumise au diktat de gens dont je ne sais rien et pour lesquels je n’ai peut-être pas d’amitié. Or, il n’y a strictement aucun moyen de passer outre. Il faut entrer dans ce système si l’on veut montrer et peut-être vivre de son travail. L’art est d’abord un commerce et pas des plus aisés. Ce n’est même pas une question de qualité et ça c’est la cerise sur le gateau… Il faut vendre sa baguette mais en art, son gout a peu d’importance. Les commanditaires sont rarement capables de statuer sur la qualité d’une œuvre. La plupart des élus en charge des questions culturelles sont dans la totale incapacité de juger d’une œuvre. Ses vertus décoratives seules sont convoquées. Il s’agit de combler le plus grand nombre en un coup. Il pourrait être utile, même et surtout pour de petites communes de multiplier les canaux de diffusion, de valoriser la diversité artistique au même titre que la diversité culturelle, mais en la matière le critère c’est la satisfaction du plus grand nombre. Pire, ce plus grand nombre n’est jamais consulté, ainsi les élus nivellent-ils toujours par le bas. Il ne faut pas choquer, guère innover et surtout marcher sur les œufs du politiquement correct.

Conclusion, montrer son travail nécessite de produire ses propres outils, son propre canal de diffusion, dans le même temps, sur ses seules forces. Conquérir l’autonomie de la production était un premier pas à franchir, l’artiste doit maintenant franchir un second pas, celui de l’autonomie de diffusion…

Stuttgart - D Day

Ce soir, c´est la nuit des musées en Allemagne. Je suis venue à Stuttgart pour cette première exposition á l’étranger…
Je ne voulais pas venir. J’étais effrayée et terriblement intimidée par cette experience, mais l´accueil plus que chaleureux de Juliane Spitta et Heiko Hellwig ont eu raison de toutes mes craintes.

Stuttgart est une jolie et assez grande ville. Il y règne une atmosphère provinciale, cossue et un peu solennelle. Mais sans doute, mon opinion est-elle un peu déformée par le fait que ma première soirée en ville se soit déroulée à l’opéra, où l’on nous a offert des places pour le ballet de danse contemporaine “I Fratelli”. Je n´étais jamais encore allée à l´opéra… Les plafonds peints, les gens en habit ont certes contribué à me rendre Stuttgart un peu guindée et céremonieuse. Ce qui je l´avoue, a beaucoup de charme. Nos hôtes sont si prévenants…

Le thème choisi par les galeristes “Heimat”, a tout de suite trouvé un écho dans mon travail avec oniropolis en géodésie. Ainsi ai-je amené deux photos de cette série. Elles y resteront jusqu´au 1er mai…

voir la page de présentation de la série “oniropolis en Géodésie”
voir le site de la nuit des musées : www.lange-nacht.de/
Voir le site de la Galerie Zukunftslabor

Transfert…

Je vais déménager…

Trois mots qui me soulèvent d’excitation. Cela fait 13 ans que j’habite dans cette petite ville en bordure de Paris. Ancienne banlieue un peu rouge aux immeubles sociaux recouverts de briques, dont l’esprit village résiste encore assez à la couverture du périphérique. 13 ans, c’est très très long… J’ai toujours cru que je déménagerais beaucoup, que j’irais d’appartement en appartement sans désir de me poser, sans souhait de stabilité. Et finalement, mon second déménagement ne m’a mené guère plus loin que deux patés de maisons… La rue était encore plus villageoise ; il restait quelques-unes de ces maisons d’ouvriers qui émaillaient la marge de Paris, deux trois jardins et des odeurs de pot-au-feu l’hiver. Et puis, les immeubles ont calmement poussé. Inexorablement, sans superbe. Des immeubles sans trop de charme mais point trop vilain. Comme ils ont poussé comme font les enfants : d’un coup ; tout le monde a emménagé en même temps. Ainsi nous nous connaissons tous. Rapports de voisinage parfois très sympathique, plus souvent matinés d’une sourde hostilité. Les désirs des uns n’étant que rarement ceux des autres. Et puis… Ici comme ailleurs, la crainte, l’ignorance… Alors une volonté de transformer en bunker notre ilôts de nantis. Mais je partirais avant que cette vilaine grille noire n’enserre notre porte d’entrée.

Je pars sans nostalgie. Je ne suis pas une nostalgique. Chaque départ est l’occasion d’un chamboulement complet et je ne compte rien, je ne me fais grâce de rien, je vais toute entière dans mon chambardement. Décider est le plus dur. Mais la décision prise, je ne regrette plus, je vais de l’avant. Si je m’écoutais, j’irais déjà faire les cartons, bien que le déménagement ne soit prévu que dans trois mois. Je serais déjà rouleau dans une main, marteau dans l’autre à installer mon petit univers portatif. J’ai fait déjà cent fois ces gestes en pensée. En l’espace de trois semaines j’ai déménagé cent fois, placé et déplacé les meubles, déblayé ce qui devait l’être, repeint ce qu’il fallait rafraichir, cloué les tableaux aux murs, posé mes malles et mes cartons et chanté à tue-tête dans toutes les pièces.

La chose, à priori n’intéresse guère mes lecteurs (si tant est qu’il m’en reste), mais les doigts me chatouillent et l’envie d ‘écrire est là. Cependant, je ne saurais penser à autre chose en ce moment. Je suis toute occupée de ce transfert. Et j’ai envie de raconter et de partager un peu de ce moment-là…