Face au mur.
Mur végétal.
Entièrement tissé de doutes.
Doute après doute, crainte après crainte, hésitation après regret, remord après retour, tissés devant soi les obstacles que l’on ne surmontera plus… qu’en les contournant.
De tous les talents, celui de tisser les haies est celui que l’on maitrise le mieux. Des mains, par ailleurs malhabiles, excellent à tisser, enchevetrer, nouer, serrer, engluer, intriquer, imbriquer, resserrer. Une idée qui semblait simple se complexifie d’instant en instant et ce qui semblait un espace vierge et plein de possibles devient obscur et compliqué, plein de chausse-trappes. Une idée en rejoint une autre, et la limpide évidence se trouble. Perplexité…
Barrages, murs, obstructions.
Rien que des mots, que des mots, des maux.
C’est que les doutes ont fait leur oeuvre. Insidieuse, faisant feu de brindilles, une remarque innocente et très vite oubliée vient semer le trouble dans les plans les mieux échafaudés. On se croyait indestructible, on vacille et on s’écrase.
Si j’écris ceci aujourd’hui, c’est que, depuis plusieurs jours, j’expérimente chez moi et croise chez autrui cette propension à se fabriquer de faux problèmes.
La chose est simple ;
soit un projet [simple] [et bien pensé], plus l’automne qui vient avec le vent, la pluie, le gris, et un individu d’une trentaine d’année [en moyenne] [et plutot féminin, mais il faut voir…], plus une nature aux atermoiements et à la réflexion, voire à la contemplation. Une fois posées ces conditions, selon une étrange alchimie, et selon une pente dont le dessin est extrèmement clair, se dessine une montagne, un mur, une forêt [c’est selon] INFRANCHISSABLE. Entièrement composé(e)s, la montagne, le mur, la forêt de FAUX problèmes ->
La chose se constuit selon cet axiome : une question simple reçoit une réponse compliquée, à laquelle on adjoint un problème qui n’a RIEN à voir. Une remarque innocente ajoute à la confusion. le problème s’envenime, il apparait qu’il n’a plus de solution immédiate. Un plan s’échafaude à long terme [forcément compliqué], [ et couteux]. Un ou une amie donne de précieux conseils. Inaudibles ou impraticables. le plan n’est plus réalisable. On s’aperçoit qu’on n’avait pas de plan B. L’angoisse commence à prendre des proportions inquiétantes. On échafaude un plan de secours, quasi un plan Orsec, irréalisable et très très angoissant. On s’agite, on cherche, on tremble. Epuisé(e) on s’asseoit et pour la première fois depuis un moment, on se pose. Après un long moment de trouble et d’intense solitude, on se rend compte que… Le projet initial est très simple, pas compliqué, pas onéreux, intelligent, qu’il se décompose en étapes, selon un ordre relativement précis et que l’on connait. et ô surprise, il existait une réponse simple à la question simple et le problème qui n’a RIEN à voir, n’a RIEN à voir !
Voilà comment après quelques jours de troubles on peut se détendre et dormir sur ses deux oreilles…

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