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Archive for octobre, 2006

Parole de foudre

J’ai réalisé l’illustration de couverture de Parole de foudre, roman de Robert Cappadoro (oui ! c’est de la pub familiale et alors ?!) que vous pouvez acheter sur www.lulu.com. Dans ce roman étonnant, vous découvrirez une langue entièrement inventée et inventive, passionnante et passionnée et une analyse surprenante de la naissance d’un type de faits-divers (le meurtre suicidaire) qui a fait florès, comme chacun sait !

Vous pouvez également en savoir plus sur l’auteur en consultant son site où il analyse la question du meurtre-suicidaire sans un essai psychanalytique très interessant.

Parole-De-Foudre-2

Un attentat-suicide a eu lieu sous l’occupation allemande, en France, en 1943… Mais c’est en même temps un «meurtre suicidaire » relevant des faits divers.

Son auteur est un proche d’Antonin Achard qui, après la guerre, hanté par ce drame, va suivre une psychanalyse et acquérir un savoir l’amenant à cette théorie : l’auteur d’attentat-suicide et le meurtrier suicidaire « privé » ont un même problème inconscient et lui donnent inconsciemment une même réponse « pré-construite » dans notre psychisme.

Le désir de vivre et de jouir soutient Antonin. Symbole de vie opposé aux forces de mort, il écrit son histoire dans une langue qu’il a inventée, enfant, pour jouir du jeu avec les mots :

« C’était langue véridique mais avec miens mots et miennes manières de les mettre en combine. J’y faisais mixture du bon vieil argomuche en universelle jactance dans les bas quartiers de Limoges où j’avais grandi et de tournures de vieux français issues des romans de chevaliers dont un curé, au patronage, nous faisait la lecture…»

Z’auriez pas un million de dollars ?

Toute à l’heure, dans la nuit tombée, qui commence à devenir froide, je rentrai chez moi en discutant avec une amie. Sur la place de la mairie, deux Sans Domicile Fixe nous interpellent : “Z’auriez pas un million de dollars ?”. J’ai ri. J’ai retourné mes poches. De dollars point, de millions point, pas l’once d’une pièce de monnaie dans mes poches retournées. Il n’y avait aucune animosité, aucune aggressivité dans leur demande. Je me suis demandée ce qui ce serait passé si j’avais pu leur tendre le million convoité… On aurait fêté l’événement c’est sur. D’aillleurs il fêtait tout aussi bien son absence et ils étaient déjà gris. Moi je ne bois pas, mais j’aurais ri. J’aimerais bien…

L’hiver va venir et je n’ai qu’un million de sourires à offrir. Ca ne nourrit pas son homme même si ça soulage une conscience.

Faux problemes (debut angoisse et reponse plus enlevee)

Face au mur.
Mur végétal.
Entièrement tissé de doutes.
Doute après doute, crainte après crainte, hésitation après regret, remord après retour, tissés devant soi les obstacles que l’on ne surmontera plus… qu’en les contournant.

De tous les talents, celui de tisser les haies est celui que l’on maitrise le mieux. Des mains, par ailleurs malhabiles, excellent à tisser, enchevetrer, nouer, serrer, engluer, intriquer, imbriquer, resserrer. Une idée qui semblait simple se complexifie d’instant en instant et ce qui semblait un espace vierge et plein de possibles devient obscur et compliqué, plein de chausse-trappes. Une idée en rejoint une autre, et la limpide évidence se trouble. Perplexité…

Barrages, murs, obstructions.
Rien que des mots, que des mots, des maux.

C’est que les doutes ont fait leur oeuvre. Insidieuse, faisant feu de brindilles, une remarque innocente et très vite oubliée vient semer le trouble dans les plans les mieux échafaudés. On se croyait indestructible, on vacille et on s’écrase.

Si j’écris ceci aujourd’hui, c’est que, depuis plusieurs jours, j’expérimente chez moi et croise chez autrui cette propension à se fabriquer de faux problèmes.

La chose est simple ;
soit un projet [simple] [et bien pensé], plus l’automne qui vient avec le vent, la pluie, le gris, et un individu d’une trentaine d’année [en moyenne] [et plutot féminin, mais il faut voir…], plus une nature aux atermoiements et à la réflexion, voire à la contemplation. Une fois posées ces conditions, selon une étrange alchimie, et selon une pente dont le dessin est extrèmement clair, se dessine une montagne, un mur, une forêt [c’est selon] INFRANCHISSABLE. Entièrement composé(e)s, la montagne, le mur, la forêt de FAUX problèmes ->

La chose se constuit selon cet axiome : une question simple reçoit une réponse compliquée, à laquelle on adjoint un problème qui n’a RIEN à voir. Une remarque innocente ajoute à la confusion. le problème s’envenime, il apparait qu’il n’a plus de solution immédiate. Un plan s’échafaude à long terme [forcément compliqué], [ et couteux]. Un ou une amie donne de précieux conseils. Inaudibles ou impraticables. le plan n’est plus réalisable. On s’aperçoit qu’on n’avait pas de plan B. L’angoisse commence à prendre des proportions inquiétantes. On échafaude un plan de secours, quasi un plan Orsec, irréalisable et très très angoissant. On s’agite, on cherche, on tremble. Epuisé(e) on s’asseoit et pour la première fois depuis un moment, on se pose. Après un long moment de trouble et d’intense solitude, on se rend compte que… Le projet initial est très simple, pas compliqué, pas onéreux, intelligent, qu’il se décompose en étapes, selon un ordre relativement précis et que l’on connait. et ô surprise, il existait une réponse simple à la question simple et le problème qui n’a RIEN à voir, n’a RIEN à voir !

Voilà comment après quelques jours de troubles on peut se détendre et dormir sur ses deux oreilles…

Une blague a destination des mecreants

Aujourd’hui on m’a envoyé une blague. J’en ai bien ri, j’en ri encore… J’ignore de qui elle est, je m’excuse donc de ne pas verser ici de drroits d’auteur mais je la fais partager quand même :

“Jean Dufort a fait fortune dans la fabrication et la vente de clous.

Son entreprise, Les clous DUFORT, est leader français sur ce marché
depuis 40 ans.
Arrive une jeune directrice de la communication, fraîchement promue,
des idées plein la tête, qui veut développer l’export.
Elle tente de convaincre le vieux boss de la nécessité d’une
campagne de pub télé.
Après quelques mois de travail et quelques brainstormings, elle
convoque le boss et des responsables d’agences publicitaires pour
leurs soumettre son idée révolutionnaire.
“-C’est simple, il nous faut un film court mais qui marque les
esprits”.
Voilà ce qu’il faut :
- Image panoramique : Une colline.
- En Haut, une croix.
- Zoom avant : Sur la croix, Jésus.
- Deux légionnaires sont en train de clouer Jésus sur la croix.
- Zoom arrière, au pied de la croix, le logo DUFORT,
- Voix off : “Le clou DUFORT, s’enfonce sans effort”.

Les pubards sont atterrés, le boss stupéfait. Il tente de convaincre
sa directrice que c’est un peu…..dangereux…..que certaines
sensibilités…. la France profonde… les provinciaux …etc…etc..
En bref, elle doit revoir sa copie.

Quelque temps après, un nouveau rendez-vous est fixé. Le vieux Boss
ne s’en est toujours pas remis. La directrice de la communication
arrive.
Le boss lui dit:
“Mais enfin, quand même, avouez que c’était maladroit le coup de Jésus
sur la croix !!!???
- Vous avez raison, répond-elle, d’ailleurs j’ai eu une bien meilleure
idée.”
“Voilà ce qu’il faut (voix assurée, regard direct, l’air sérieux) :
-Image panoramique : Une colline.
- En Haut, une croix.
- Zoom avant : Sur la croix, PERSONNE.
-La caméra plonge : au pied de la croix, JÉSUS sur le ventre, face
contre terre
ET le logo DUFORT,
-Voix off : “Avec les clous DUFORT, il tiendrait ENCORE”.

Dormir a Silverstrand

dormir-a-silverstrand.jpg

Silverstrand.
Irlande cote Ouest.
Extremité.
Bord.
Gouffre.
La mer sous un ciel immense, sous un ciel bas, de plus en plus bas.
Première apparition des nuages, avant les grandes brumes. Une plage immense et des galets et les pierres tombales du cimetière.
Le fossoyeur parlait un anglais plein de gael, je n’y comprenais pas grand chose. Il m’a parlé du temps qui allait se couvrir, de ce soleil vieux de deux semaines, un exploit ! Son crane chauve luisait sous les derniers rayons. Les tombes croulaient sous les lierres et les lichens.