Noli me tangere est rangée… J’ai confectionné pour les grains des petites housses de tissus… Pour la première fois, replier un travail ainsi m’a fait de la peine. Je ne voulais pas mettre en carton ce travail-ci… Je le veux exposé. je le veux vu…
Ce travail là, à la différence d’une grande part de ma production, existe ; je peux la toucher, la regarder, tourner autour et la voyant, la penser autre… Car bien sur, l’avoir réalisé me la rend imparfaite. Je n’en aime pas l’aspect juponné. Je veux lui réaliser un autre socle. Ce drapé n’est pas dans le ton de ce que je veux faire… Je n’aime pas non plus le fait que la photo des mains en prière soit juste posée et non complètement intégrée dans le socle.
Voilà, c’est à parfaire… Mais cela existe…
Je n’ai pas eu vraiment l’occasion d’entendre ou de comprendre ce que les gens en pensaient. Certains passent et ne s’arrêtent pas… D’autres s’arrêtent longuement mais sont intimidés par le livre sur le pupitre… D’autres encore en discutent et une, enfin - six ans - s’asseoit par terre et déchiffre à haute voix les phrases inscrites dans les grains : “Ne m’in-stru-men-ta-li-se pas”, anonne-t-elle… Sa mère hausse l’épaule et sourit, l’air de dire, pourvu qu’elle ne me demande pas ce que cela veut dire. La petite a lu chacun des grains. J’en étais à la fois émue et amusée… Elle rampait par terre passant d’une bulle à l’autre.




















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