Nombre d’articles et de blogs mentionnent, en ce moment, ce gigantesque bordel, qui va ouvrir ses portes, lors de la coupe du monde de football en Allemagne, cet été. Si la question de la prostitution, de sa légalisation est un large débat dans lequel il est difficile de prendre part quand on n’est pas soi-même concernée (faut-il légaliser ? Faut-il interdire ? Faut-il pénaliser ? faut-il protéger - et dans ce cas qui protège-t-on ; la femme, le client, les familles bien pensantes qui ne veulent pas voir “ça” ou les femmes tout court ?) et soulève d’innombrables question (la prostitution est-elle une bonne chose ? est-ce le moyen de rémédier à la misère sexuelle ambiante ? est-ce une défense contre les viols, une sorte de soupape ? Comment respecter le droit des femmes (primordial, essentiel, inaliénable à mes yeux) à disposer de leur corps et la marchandisation du-dit corps ?). Bref, si cette question est épineuse et sujette à moults débats, la question du baisodrome version XXL qui va s’ouvrir cet été, elle, ne me pose pas question : je suis contre. point.
Que ces messieurs aiment le foot, soit. Qu’ils aient des besoins sexuels, soit.
Mais que les mafieux de tous bords, marchands de sexe déjà amplement enrichis par l’exploitation, l’escalavagisme, les violence faites aux femmes, s’en mettent plein les poches, au vu et au su de la communauté internationale sans que celle-ci s’en émeuve ( à part quelques femmes - dont moi- dont les voix haut perchées passeront pour celles d’hystériques !), non, non, non, trois fois non. On n’est pas ici dans le débat du droit de la femme à disposer de son corps ; aucune des femmes qui se feront violer là-bas (car croyez-moi, la tendresse n’y sera pas de mise) n’auront fait ce choix de gaieté de coeur ! La plupart d’entre elles seront jeunes (à peine mineur et peut-être même pas), pauvres, souvent déracinées, parfois arrachées à leur famille, kidnappées, elles auront au préalable été violées, enfermées, sans soins. Elles ne toucheront pas un kopeck du commerce fait de leur corps. La question n’est pas non plus celle d’une morale bien pensante ; encore que, pour le coup, si c’est pour la morale qu’on interdit ce cloaque, j’applaudirai des deux mains et des deux pieds ! Les conditions sanitaires seront déplorables, les protections contre les maladies vénériennes et bien sur contre le Sida ne pourront être garanties à ces femmes, rebaptisées élegamment hotesses. Ce gigantesque baisodrome de la taille d’un stade de foot justement sera l’équivalent de centaines de baraques de chantiers d’abattage. Ni plus, ni moins, mais surement pire !
Je m’étonne en faisant des recherches pour écrire cet article de n’en trouver aucun dans le Monde ou Libération ou les grands quotidiens (accessible sur le net). Je m’étonne et m’en inquiète. Est-ce que que les lobies sportifs sont si forts que la presse s’en trouve miraculeusement muselée ou que l’information n’est ni vérifiée, ni vérifiable ?
Pour vous aider à vous faire une idée tout de même, voici une liste de liens sur le sujet et le lien vers la pétition à signer éditée par the coalition against trafficking in women.
un article de l’humanité
Un article des Pénélopes mettant l’accent sur les arguments fallacieux avancés par certains pour justifier de leur commerce et le “tri” fait entre le “légal” et le “forcé”.

Je suis tout à fait d’accord avec toi. Il faut être contre ce bordel géant qui banalise l’idée que certains êtres humains sont des marchandises comme les autres et que l’on doit adapter l’offre de marchandise à un afflux de consommateurs potentiels.
Je pense aussi qu’en ce qui concerne les mesures à prendre, d’un point de vue politique, au sujet de la prostitution, devraient être imaginée en étroite concertation avec les principaux intéressés (hommes et femmes prostitués), par ce qu’il s’agit de leur liberté et de leur dignité.
F.