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Archive for novembre, 2005

Thomas Hirschhorn - Le musée précaire Albinet

Ce matin, 11 heures, à la librairie “Les Mots Passants” à Aubervilliers*, signature par Thomas Hirschhorn de son livre racontant son étonnant projet ” le Musée Précaire Albinet”. Un an et demi passé à monter, avec l’aide des laboratoires d’Aubervilliers, des expositions de modernes (Malevitch, Duchamp, Léger, etc) , avec, par et pour les habitants du quartier du Landyt à Aubervilliers. L’art et la manière de faire venir la montagne Beaubourg au pied de la cité.

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L'artiste : Thomas Hirschhorn

L’artiste est charmant, passionné, touchant. À coté de lui, de sa passion, de son engagement, les élus font pâle figure, qui y vont de leur discours convenu sur la fonction de l’art et la merveilleuse ville, qui accueille le merveilleux artiste, dans un lieu merveilleux, pour des gens merveilleux… Passons… Le livre est magnifique, un peu cher, mais c’est un gros ouvrage, très bien édité (je l’ai acheté avec Emmanuelle et nous l’avons laissé à l’atelier, je transmets d’ici peu les informations bibliographiques) rassemble toutes les données du projet, pré-projet, esquisses, courriers, e-mails, notes de travail, photographies des séances de travail, puis des vernissages.

Ont suivi de passionnantes discussions sur la fonction de l’art, de l’artiste, son rapport au social, son rapport au projet.

Thomas Hirschhorn pose 4 questions à la suite de ce travail dont je mentionne seulement la première : À quoi l’art sert-il ? Et s’il n’a pas répondu en quelques mots, il a assurément répondu à ceux qui répondraient “rien”, par “non, l’art ne sert pas à rien” ! Pour lui, et résolument, je partage ce point de vue, l’art n’a pas à servir, il est un au-delà du service…

La réponse vient à point. Parce qu’il y a encore peu, moi-même dont c’est pourtant le métier, j’aurais répondu “à rien, à rien, à rien”… Et cependant, en répondant cela, je n’aurais pour autant rien renié ; ni le travail accompli, ni celui à venir, ni le goût que j’ai de l’art, ni l’intérêt que je lui porte. J’en étais juste à un point où je me disais : -”ce que je fais ne sert à rien, ni à personne, puisque je n’ai guère d’occasion de le montrer”, et pourtant je ne peux m’arrêter. - “ce que je fais est d’un luxe sans nom, un travail fait par une privilégiée pour des privilégiés” et pourtant, je ne veux, ni ne peux me sentir coupable. - “ce que je fais n’intéresse personne ; la plupart des gens aime un art accessible et je n’ai de goût que pour les circonvolutions, et les choses compliquées…” Et pourtant, je n’ai guère envie de faire simple quand je peux faire compliqué…

Evidemment, la réponse donnée par Thomas Hirschhorn est une réponse individuelle. Son art ne sert pas à rien puisqu’il sert à faire en sorte que d’autres se mettent à aimer l’art, puisque justement, il entend montrer des choses qui ne sont guère simples à des gens dont tout le monde aurait cru qu’ils n’aimeraient guère le compliqué. Bref, son art bouscule les idées reçues ; idées reçues sur les banlieues, idées reçues sur le public des banlieues, idées reçues sur les musées qui ne veulent pas voir leurs oeuvres voyager dans des zones dites dangereuses.


Les photos proviennent du site des laboratoires d'Aubervilliers

Quelle réponse vais-je moi-même apporter à cette question ? A quoi l’art sert-il ? Assurément, je n’ai ni le goût, ni la patience d’un Thomas Hirshhorn pour la réalisation d’une exposition utopique… Mon goût va vers des choses plus intimes, moins “collaboratives” (encore que T.H. n’aime guère ce terme un peu galvaudé…); Moi, je n’avais pas encore formulé cet au-delà du service… Je m’apprêtais à accepter que l’art ne serve à rien… Mais je crois que j’aurais eu tort de m’arrêter à cela. En effet l’art n’a pas à servir. Que je réalise un travail sur le deuil, ou un autre sur la pression sociale pesant sur les femmes, je n’ai pas à me préoccuper de savoir si mon travail est vecteur d’un message. Ma politique est une politique de l’intime et de l’infime. Je ne suis porteuse d’aucun drapeau, ni d’aucun manifeste et je laisse à celui qui regarde le loisir d’y lire ce qui le touche.

Cette question de l’émotion reste essentielle. Et pour conclure ma journée, après avoir laissé le travail d’un autre et me nourrir et m’interroger, j’en déduis que seul, le plaisir que j’ai à faire les choses compte et la ténacité à les croire valides et viables.

*Librairie Les Mots Passants
2, rue du Moutier, tél. : 01.48.34.58.12
La librairie vous accueille du mardi au samedi de 10h à 19h. Elle organise régulièrement des rencontres avec des auteurs ainsi que des soirées SLAM le dernier vendredi de chaque mois.

Le corps ; objet qui parle…

Je continue de réfléchir à cette question de la mémoire résiduelle sur Internet mais je ne vois pas encore quelle traduction artistique donner à ce questionnement… Un travail du fragment, de l’usure, de l’image-écran assurément… un travail qui raconterait sans narration la deliquessence de l’écran, son mouvement, ses métamorphoses successives… Comme toujours me vient l’idée d’un corps qui résumerait ces notions… Le corps raconte toutes les histoires, pour peu qu’on lui donne un tout petit peu d’espace où se mouvoir, il ondule et dit l’étroitesse, si au contraire on lui donne toute latitude à s’agiter, il dit l’égarement et/ou l’excitation… Bref, où qu’on le mette et quoiqu’on lui fasse dire, le corps dit toutes les autres structures…

So sad…

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Je travaille beaucoup les corps nus en photographie…
Alors une vierge, la pierre et les orges c’est toujours un étonnement…
Quelque chose de capturé malgré soi…
Une très douce tristesse…

Oups ! Pardon !

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Projet de toile

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J’ai recouvert mon bureau de papier velleda, de ce papier sur lequel, avec un feutre spécial on peut écrire et effacer à l’infini. Dernièrement, j’ai gribouillé un projet de toile… Mis ici pour :
1. ne pas oublier,
2. m’obliger à le réaliser…