Le projet a avancé d’un coup d’un seul entre avant-hier et hier. Une première maquette à l’échelle 1:1 a été réalisée et ma foi, même s’il reste des défauts, l’ensemble a plutôt belle mine. Je ne suis pas fixée sur le nombre d’exemplaire ni sur le mode de diffusion…
Proche et Lointain / Near and Far
Publié 28 avril 2009 dans Chronotes et work in progress 0 CommentaireA quel moment décide-t-on qu’une image ou qu’un couple d’image, ou qu’un couple texte/image fonctionne ?
Je crois que ça se passe au moment où l’on ressent quelque chose de l’ordre de la plénitude quand on les contemple… Oui de la plénitude, un sentiment de satisfaction mêlé de sérénité. Personnellement, ça ne m’arrive jamais qu’après un long travail de machouillage, de mastication, de déglutition. Il faut que je vois les images, que je les dévore des yeux, longtemps, très longtemps. Parfois, une parmi d’autres a eu un caractère d’évidence, tout de suite, j’ai su que je l’aimais - vraiment - pour des tas de raisons où entrent rarement la raison et le calcul… Pour autant, tout le travail reste à faire, car cette image seule ne me satisfera jamais autant que lorsque je lui aurait trouvé son complément… sa moitié en quelque sorte. Une autre image qui viendra mettre les points sur mes i. Un texte (mais cela s’avère de plus en plus dur et je ne sais pas pourquoi) qui vient raconter une autre histoire que ce que l’on voit, mais qui, là encore, vient poser une définition sur un mot qui n’a pas été prononcé.
J’ai l’impression que je n’ai jamais fait que cela : des images pour reconstruire une unité défaite…

cahier de travail - agnes cappadoro © 2009
En relisant mes notes de travail des deux dernières années, je me rend compte que, bien qu’ayant de la suite dans les idées, je n’avance pas autant que je le souhaiterais. La nécessité de travailler en tant que graphiste met un frein à mes autres activités. On dit toujours que surabondance de biens ne nuit pas, mais surabondance d’idées et de projets, si. Je tourne autour des choses sans avoir le temps de m’y consacrer pleinement. C’est assez satisfaisant de voir qu’après deux ans j’ai toujours le même désir et les mêmes idées, c’est agréable de voir qu’elles évoluent et s’enrichissent, mais c’est frustrant de voir aussi que des choses simples à faire ne voient pas le jour parce que je me suis interrompue dans le processus. Je pense à Espace Sociable ou à Oniropolis et surtout à ensilence et à ce projet sans nom qui ne cesse de se mouvoir comme un gros mammifère marin sans jamais trouver réellement ni sa forme ni son fond…
Évidemment, c’est un cheminement… Se crisper sur le temps qui passe ne fera pas avancer la cause. Au contraire, c’est le lacher prise et une ferme et secrète détermination qui feront le travail… N’empêche… Ce parcours sans boussole, c’est épuisant. Ces arrêts fréquents sur le chemin, c’est usant… Je voudrais voir le travail se faire avec la fluidité que la disponibilité rend possible. Je voudrais laisser le flux prendre son rythme, sans avoir à lui imposer ces stases intempestives…


